A9 : un patrouilleur miraculé du fourgon heurté par un poids-lourd

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Le fourgon du patrouilleur des ASF renversé sur l’A9. Photo Stéphane D. pour Métropolitain.

ACCIDENT. C’est un miracle : un patrouilleur des ASF dont le fourgon a été heurté et renversé ce mardi soir sur l’autoroute A9, dans le sens Béziers-Montpelier, entre les échangeurs d’Agde et de Sète est indemne et pour cause : il n’était pas à bord du véhicule jaune. Il était descendu du fourgon quelques minutes plus tôt pour baliser les lieux, quand un poids-lourd est survenu. Le chauffeur-routier n’a pas pu éviter le choc, qui a eu pour effet de renverser le fourgon des ASF sur son flanc gauche.

Il était 18h50 quand l’accident s’est produit ce soir : le patrouilleur des ASF intervenait sur la bande d’arrêt d’urgence où un semi-remorque était immobilisé, après être tombé en panne. L’homme en jaune posait des bittes de protection après avoir garé son fourgon en sécurité, quand un poids-lourd est arrivé et l’a percuté.

Le patrouilleur du groupe Vinci Autoroutes et le routier dont le camion était en panne ont assisté impuissants à l’accident. Le conducteur du semi-remorque qui s’est arrêté un peu plus loin est également indemne.

Tous deux ont été secourus en état de choc par les sapeurs-pompiers du Sdis 34 rapidement sur place avec un médecin. L’accident a entraîné la condamnation d’une voie de circulation et généré 6,5 km de bouchon, résorbé depuis 22h.

Un mort sur l’A1

Depuis le début de l’année, quelque 31 fourgons des hommes en jaune du groupe Vinci Autoroutes ont été endommagés sur le territoire, dont deux sur l’autoroute A9 en région Occcitanie. Aucun des patrouilleurs n’a été blessé. Un chiffre effrayant toutefois sur l’ensemble du territoire, avec un mort récemment dans les Hauts-de-France au sein du groupe autoroutier SANEF.

En effet, sur l’autoroute A1 près d’Arras, en mars dernier, un accident a coûté la vie à un patrouilleur de la SANEF âgé de 51 ans. L’association Fier d’être dépanneur dans les Hauts-de-France milite pour la création de corridors de sécurité en cas d’intervention des patrouilleurs ou des dépanneurs.

Chaque semaine en moyenne, en France, deux accidents concernent les agents des sociétés d’autoroute. Les messages préventifs sur les panneaux lumineux, tant sur l’autoroute, qu’aux péages dispensés par Vinci Autoroutes et les ASF sur la sécurité des hommes en jaune doivent être pris au sérieux.

Pourquoi les patrouilleurs sont en danger

Le nombre des accidents était en hausse l’année dernière -124 accidents en 2016 contre 119 accidents en 2015-, excepté celui des accidents corporels au nombre de 9 en 2016 contre 15 en 2015. En 2016, aucun agent d’autoroute n’a été tué, comme en 2015. Depuis 2002, 22 personnes travaillant sur le réseau autoroutier ont été tuées.

Les accidents surviennent, le plus souvent, lorsque les patrouilleurs autoroutiers mettent en place des balisages de chantier (42% en 2016) et lorsqu’ils interviennent en urgence pour porter secours aux clients accidentés (33% en 2016).

Les écarts ou empiètements, même minimes sur la bande d’arrêt d’urgence, en particulier ceux des poids lourds ne pardonnent pas : ils sont à l’origine de nombreux heurts de véhicules arrêtés pour des motifs de service : 1 accident du personnel autoroutier sur 3 a lieu sur la bande d’arrêt d’urgence.

En 2016, 2 salariés piétons heurtés, 43 FLR -flèches lumineuses de rabattement-,11 FLU (flèches lumineuses d’urgence) et 68 autres véhicules d’intervention ont été heurtés par 44 fourgons, 16 poids-lourds et 8 voitures.

 


2016

 

2015

2014


Accidents

124

119

106


Accidents corporels

9

15

17


Tués

0

0

1


Blessés hospitalisés

2

3

6


Blessés légers

7

16

13

Un patrouilleur autoroutier, également appelé patrouilleur est une personne ayant la tâche de surveiller, d’entretenir et de sécuriser une autoroute. Il y a un millier de patrouilleurs autoroutiers en France (sociétés concessionnaires –ASF, Escota, Cofiroute, Sanef, APRR– et services de l’État –Direction Interdépartementale des Routes– confondus.

120 hommes en jaune ici

La direction régionale de Vinci Autoroutes/ASF qui couvre l’autoroute A9 dans l’Hérault, l’Aude et les Pyrénées-Orientales compte 120 hommes en jaune, qu’ils soient patrouilleurs ou agents d’entretien -chaussées, bandes d’arrêt d’urgence et aires de repos-, à bord de fourgons et de véhicules sérigraphiés. À cet effectif, il convient d’ajouter les employés en jaune en poste sur l’A9 et sur l’A51 dans le Gard et le personnel de la direction inter-régionale du Massif Central (DIR) qui gère l’autoroute A75.

L’accident spectaculaire d’hier soir entre les échangeurs d’Agde et de Sète est survenu quelques semaines après celui dans les Pyrénées-Orientales, non loin de Perpignan où un fourgon des ASF/Vinci Autoroutes a été littéralement pulvérisé par un poids-lourd, avec un bilan positif également : le patrouilleur n’était pas à bord.

Un métier à risques

Patrouilleur autoroutier est un métier à risques qui implique le respect de règles de sécurité très strictes. Le principal travail d’un patrouilleur est la surveillance de l’autoroute. Mais il intervient aussi lors d’accidents ou d’incidents pour garantir la sécurité des usagers de l’autoroute. Il a également en charge l’entretien de l’autoroute (viabilité du réseau) et de ses infrastructures. Il existe deux types d’agents autoroutiers :

  • patrouilleur
  • ouvrier autoroutier À l’heure actuelle, les deux métiers se confondent, les uns peuvent accomplir les tâches des autres.

Voici les différents domaines nécessitant l’intervention d’un patrouilleur:

  • Traces d’hydrocarbures sur la chaussée
  • Obstacle signalé sur les voies
  • Animal errant
  • Animal écrasé
  • Embouteillage
  • Circulation en accordéon
  • Accident de circulation
  • Véhicule immobilisé
  • Véhicule à contresens (les agents routiers n’interviennent plus directement dessus)
  • Véhicule en feu
  • Piéton sur les voies
  • Événement naturel (inondation, éboulement…)
  • Balisage de travaux
  • Travaux d’entretien et de nettoyage (élagage d’arbres, tonte, réfection de la signalisation (panneaux de police, peintures au sol), remplacement de glissières de sécurité accidentées (interventions malgré les sous-traitances)…)
  • Travaux importants (fermeture d’un échangeur ou d’une aire de repos)
  • Viabilité hivernale préventive (prévention des phénomènes météorologiques)
  • Viabilité hivernale curative (déneigement, traitement des chaussées avec divers produits selon la température)

Un patrouilleur autoroutier est régulièrement confronté à des situations à risque, le plus souvent à cause de la négligence des conducteurs. Par exemple en 2016, tous les 3 jours en moyenne un accident de la route concernait un patrouilleur autoroutier. Il est donc vraiment très important de sensibiliser les usagers de l’autoroute à ce phénomène.

Les patrouilleurs autoroutiers sont en relation permanente avec un PC sécurité . Ils collaborent aussi avec les services de secours (pompiers, sécurité civile), de sécurité (gendarmerie autoroutière, CRS -sur autoroutes périphériques en agglomération– comme à Marseille, d’information (radio autoroutière 107.7 FM), ainsi qu’avec les CRICR, Centres Régionaux d’Information et de Coordination Routières.

Beaucoup de rondes

Les patrouilleurs effectuent beaucoup de rondes, mais n’interviennent le plus souvent que lors d’accidents ou d’incidents. Lorsque vous les voyez, ralentissez, mais ne vous arrêtez pas. Les patrouilleurs sont très visibles grâce à leurs vêtements jaunes fluorescents et leurs fourgons jaunes ou oranges, selon les zones géographiques.

Les patrouilleurs sont amenés parfois à traverser les voies de circulation pour ramasser un obstacle ou pour intervenir face à un véhicule en détresse. Dans tous les cas, leurs véhicules sont placés minimum 200 mètres avant la perturbation.

Lorsque le trafic est perturbé -dû à un accident-, laissez libre l’accès à la Bande d’arrêt d’urgence (BAU) pour laisser passer les services de secours autoroutiers. La plupart des véhicules autoroutiers possèdent des sirènes, mais pas tous. Sur l’A9, les fourgons jaunes sont désormais équipés de gyrophares bleus, avec les rampes LEDs.

Fourgons équipés

Les agents routiers patrouillent dans des véhicules de type camionnette légère équipés des équipements afférents à la sécurité -flèche lumineuse, feux à éclat bleu- et il peut y avoir aussi sur les lieux d’interventions le chef d’astreinte avec un véhicule de type véhicule léger voire break équipé également de gyrophare, feux à éclat bleu. Ceux-ci sont chargés du bon déroulement des opérations et coordonnent les différents services : forces de l’ordre et secours. Ces personnes sont souvent des conducteurs de travaux. En fonction de l’événement, le chef d’astreinte peut décider d’appeler des agents supplémentaires.

Un « agent routier » en patrouille est nécessairement à bord d’un véhicule de type « intervention » équipé de différents éclairages et de divers équipements permettant d’accomplir ses taches, notamment :

L’intérieur des véhicules est également équipé de matériel « transportable » :

  • panneaux de signalisation temporaire ;
  • cônes de signalisation ;
  • matériel antipollution, notamment de l’absorbant à carburant ;
  • divers outils et matériels de nettoyage (balai, pelle, sac poubelle…).

En respectant la limitation des vitesses sur l’autoroute, en faisant preuve de prudence en apercevant un fourgon des hommes en jaune, en freinant en arrivant aux péages où il arrive qu’ils soient positionnés, vous protègerez les patrouilleurs, véritables « anges gardiens » des autoroutes.

Le fourgon du patrouilleur percuté et renversé mercredi soir sur l’A9.
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