Que des animaux sauvages se retrouvent sur l’autoroute, ça peut arriver… même si Vinci fait tout pour éviter que cela ne se produise.
Sur route et plus encore sur autoroute, la rencontre avec du gros gibier est toujours source de grand danger. Ceux qui ont croisé – voire percuté – un sanglier, par exemple, s’en souviennent longtemps (NR du samedi 30 janvier).
406 kilomètres de clôtures
En Indre-et-Loire, le problème n’est heureusement pas fréquent, même si le dernier accident en date – qui s’est produit sur le réseau secondaire – a eu lieu fin 2014.
« « L’étanchéité totale » n’existe pas, surtout au niveau des échangeurs, convient Geoffroy Chatelais, chef de district Touraine-Poitou à Vinci Autoroutes, soucieux du respect des obligations réglementaires en la matière.
« De façon préventive, nous allons bien au-delà des impératifs de signalement aux autorités et d’information de nos clients puisque 100 % du linéaire des autoroutes est clôturé. » Soit, pour l’Indre-et-Loire, 406 km de grillages de part et d’autres des 203 km d’autoroutes A 28, A 85 et A 10.
Un réseau entretenu périodiquement et vérifié en permanence : « Pour les 70 km du centre de Chambray (140 km de clôture), cela représente environ 80 jours à temps plein. »
Empêcher la faune sauvage de se retrouver sur les voies de circulation n’est cependant pas le seul objectif de Vinci autoroute. Le passage – au-dessus des voies pour les grands animaux, en dessous pour les plus petits – a été anticipé au moment même de la construction des autoroutes A 85 et A 28, de sorte qu’ils se fondent complètement dans le paysage au même titre que les autres ouvrages d’art.
En revanche, sur l’A 10, Vinci réalise en ce moment même un « passage à grande faune » dit du « Bas-Bry », dans le prolongement de celui de la LGV (ligne à grande vitesse) Tours-Bordeaux, à cheval sur les communes de Sorigny et Villeperdue.
Prenant en compte les préconisations de la fédération de chasse, l’ouvrage devrait être terminé fin 2016.
Concertation avec les partenaires
« Les premières études datent de 2013, explique le chef de projet, Arnaud Guillemin. En concertation avec les partenaires locaux, il a été décidé que le passage serait légèrement décalé par rapport à celui de la LGV, distant de quelques dizaines de mètres. Pour éviter l’effet tunnel » qui rebute les cerfs.
Et permettre aux grands animaux – et particulièrement à l’espèce-cible désignée par la fédération de chasse, à savoir le cerf – de circuler entre deux secteurs boisés identifiés de part et d’autre du ruisseau de Montison.
Dimensionné pour le cerf – donc, a fortiori, pour le chevreuil, le sanglier et les autres petits mammifères – l’ouvrage se doit d’être une zone agréable, suffisamment pour que la faune sauvage n’hésite pas à l’emprunter, mais pas trop pour qu’elle n’y reste pas à demeure. Bref : s’insérer dans le paysage et se faire oublier.
repères
> Le passage grande faune enjambera l’A 10 à la limite des communes de Sorigny et Villeperdue. Il mesurera 12 m de largeur minimum en son centre.
> L’ouvrage reposera sur des piles hautes de 6 m (au-dessus des voies) et profondes de 27 m, du fait de la nature du sol.
> Il supportera un « tablier » un peu spécial, constitué de 40 cm de matériaux drainants et de 60 cm de terre végétalisée pour accueillir arbustes et petite végétation.
> Au final, entre 40 et 45.000 m3 de terre auront été déplacés, soit 80 camions de remblai par jour.
> La fin des travaux est prévue pour la fin de l’année. Ils auront coûté 4,9 millions d’euros.
> Le passage des grands animaux n’est pas la seule préoccupation environnementale de Vinci Autoroute. Pour préserver la biodiversité, l’entreprise procède aussi à l’entretien raisonné d’une prairie calcicole, à la création de lieux d’accueil pour batraciens, à des aménagements pour insectes, à l’installation de ruchers…
> Le passage du « Bas-Bry » servira aussi de base pédagogique pour les enfants des écoles de Sorigny et Villeperdue.

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