Autoroutes. Moins de patrouilles chez Cofiroute

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L’entreprise souhaite diviser par deux le nombre d’agents intervenant sur les voies dans trois régions. Aucun poste n’est supprimé mais les syndicats craignent une détérioration du service.

Les Ulis
Les « Petits hommes jaunes » voient rouge. Les agents routiers de Cofiroute, filiale de Vinci Autoroutes, qui interviennent dans
les régions Ile-de-France, Centre et Pays de la Loire, protestent contre une réforme, en test, de leurs conditions de travail. « C’est notre sécurité et celle des usagers qui est remise en cause », assène Pascal Bigliardo, délégué du Syndicat national des autoroutes. Les comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) de Cofiroute ont demandé une expertise sur les impacts. La direction, qui s’oppose à cette demande, a saisi les tribunaux.

Patrouilles divisées par deux

Les agents routiers de Cofiroute sont aujourd’hui deux à circuler en même temps, chacun avec son véhicule, par tranches de huit heures, sur leur secteur d’intervention. Seuls dans leur camion, ils interviennent pour l’entretien des aires de repos mais aussi en cas de panne des usagers, d’accident, de débris sur les voies… La réforme prévoit une seule patrouille. « La nuit, cela diminue la pénibilité pour les agents », souligne la direction. « On joue avec la sécurité, clame Pascal Bigliardo. Lors de la phase de test, vu qu’ils ont plus de distance à couvrir, cinq cas d’endormissement ont été relevés. Et s’il y a deux accidents en même temps, la sécurité des usagers n’est pas assurée. »

Délais d’intervention plus longs

En cas de problème majeur, une patrouille devra prévenir un agent d’astreinte à son domicile. « Avant qu’il aille chercher son camion et arrive, cela prendra au moins une heure. Et les gendarmes arriveront régulièrement avant nous et devront baliser la voie eux-mêmes », déplore Bernard Richard, un autre délégué syndical. « Une seule patrouille, c’est ce qui se fait chez les autres sociétés et cela reste dans le respect de notre contrat avec l’Etat, observe-t-on chez Cofiroute. Et les agents n’auront plus à assurer certaines missions, comme l’entretien des sanitaires. »

Plus de kilomètres à surveiller

Un agent qui gère aujourd’hui 48 km aller-retour sur l’A 10, au départ des Ulis (Essonne), en surveillera 128. Conséquence, la vitesse des patrouilleurs, aux alentours des 100 km/h aujourd’hui, augmentera. « A eux de s’adapter en fonction de ce qu’ils découvrent », avance-t-on chez Cofiroute. « A grande vitesse, c’est impossible de s’arrêter à temps. Nous n’avons le droit de reculer que sur 200 m. Des objets vont rester sur la voie », prévoit Pascal Bigliardo.

Des effectifs en baisse

En quatre ans, 251 emplois consacrés à l’accueil et à la sécurité ont été supprimés chez Cofiroute. « Ce sont des départs non remplacés. Il n’y a pas de licenciement. 90 % de ces postes concernent les agents aux péages, le reste les PC de sécurité. L’effectif des agents routiers reste stable (NDLR : les syndicats parlent d’une baisse de 44 employés qui continuera avec cette réforme) », explique-t-on chez Cofiroute, qui réalise au passage de substantielles économies. Le chiffre d’affaires de Vinci Autoroutes a augmenté, selon son rapport annuel de 2014, de 3,5 %, pour atteindre 4,75 Mds€.

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