
les éleveurs de la FNSEA 44 ont vérifié que les camions ne transportaient pas de viande étrangère. PO-Nathalie Bourreau
Les éleveurs de la FNSEA 44, touchés par des prix bas, sont entrés dans le mouvement né en Bretagne en organisant un barrage filtrant à Ancenis.
À 10 h 30, hier, Alain Bernier met tout de suite les points sur les « i » face aux représentants de Cofiroute, filiale de Vinci qui gère l’A11 : « On est responsable, soyez responsables et il n’y aura pas d’incident. » La voix du patron de la FNSEA 44 claque au vent dans la grisaille : « Vous nous ouvrez l’accès, on va à la barrière de péage avec nos tracteurs. Si vous n’ouvrez pas, on défoncera la barrière. »
« Ce n’est pas normal de vendre en dessous du prix de production »
Les maigres troupes du départ observent. Plus tard ils seront une centaine et un éleveur laitier confessera : « Fallait être là, c’est grave. » Alain Bernier, alors informé que des palettes brûlent plus loin, achève de discuter avec les forces de l’ordre pour préparer le barrage filtrant. À 16 h 30 quand l’action se termine, nul autre incident n’a été observé.
Alain Bernier, 55 ans, est éleveur à Missillac (130 ha, 50 vaches). Le président du syndicat agricole majoritaire entend montrer qu’il a les pieds sur terre en commentant les mesures du gouvernement : « 260 millions € d’aides, dont 130 pour les volaillers du Sud-Ouest, c’est du court terme. Mais il ne faut pas refuser, car après l’automne 2015, certains ont reçu 2 000 ou 3 000 € qui permettaient de payer les études des enfants et les emprunts. » Le syndicaliste observe que « ce n’est pas normal de vendre en dessous du prix de production car on est sur des prix mondiaux trop bas. Or on nous a imposé des contraintes qui ne sont pas mondiales : sociales avec des charges trop élevées, environnementales et pour le bien-être animal pour lesquelles il a fallu faire des travaux qui ont engagé des frais. » (…)
Frédéric Testu

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