Christophe Schlich bosse à la Sanef depuis 2008. Ancien militaire, il a vécu dangereusement et pour protéger. Des notions qu’il retrouve dans son nouveau métier d’ouvrier autoroutier. Polyvalent, il lui arrive d’être patrouilleur. C’est-à-dire de rouler de Metz à Sarreguemines puis de Sarreguemines à Metz pour vérifier que tout va bien. Et même s’il y a des jours sans rien à signaler, tout va rarement bien. « Au cours d’une patrouille on constate qu’un nid-de-poule s’est formé, on court après un animal qu’on nous a signalé, on traverse les voies pour dégager l’autoroute d’un objet qu’un véhicule a perdu. On est les yeux du Poste central d’orientation. » Un PCO qui ensuite transmet ces infos à la radio info qui émet sur 107.7. « Seulement alors, après le passage sur les ondes et même si tous les automobilistes ne l’écoutent pas, on intervient ». Pour les interventions, la règle numéro est : « On ne reste jamais dans les véhicules. On met une zone de sécurité de 200 mètres avec des cônes en amont et on lève la flèche lumineuse d’urgence ». Celle-ci est parfois vue au dernier moment par l’usager. « Il est certain que si le conducteur est sur sa télé, comme certains routiers, ou sur son portable… Ensuite, avec les cônes, il a le temps de le voir. »
Pas de peur
Mais Christophe Schlich dénonce ces camions qui roulent collés les uns aux autres : « Le premier pourra se rabattre s’il nous voit trop tard, mais celui qui suit n’en aura pas le temps ».
Pour autant, le patrouilleur indique ne pas avoir peur au quotidien. « On prend l’habitude. Mais c’est vrai que les gens en panne nous demandent systématiquement comment on fait. Ils se rendent compte qu’un camion qui vous frôle à 90 km/h, ça fait beaucoup de bruit et crée un sacré souffle ! Les gens ne deviennent sensibles à notre métier que quand ils tombent en panne ». Et de rappeler la règle d’or : « Ne pas faire confiance au conducteur. On doit tout anticiper. » Christophe Schlich déplore que « les gens ne respectent pas la vitesse. Ils se disent « Si on paie 4,40 €, c’est pour rouler à 130 km/h tout le temps. Or, s’il y a des zones de limitations sur les chantiers, ce n’est pas pour rien ».
Rémy Willem de la Sanef rappelle que « depuis fin 2015 sont mis en place des radars mobiles sur les zones de travaux. »
Le risque pour rien
Les automobilistes en panne se rendent donc compte du quotidien d’un patrouilleur de l’A4. Notamment quand ils marchent à cent mètres de leur voiture pour positionner le triangle rouge de sécurité. « C’est risqué et surtout… ce n’est pas obligatoire dans le code de la route. Car, au moindre passage d’un camion, le souffle l’emporte ».

Laisser un commentaire