
Jour et nuit, les agents routiers sont à pied d’œuvre pour assurer la sécurité des usagers et éviter les suraccidents. Reportage sur un patrouilleur.
On zieute, on zieute. Alain, dix-neuf ans de patrouille au compteur fait circuler son regard de part et d’autre de l’A 10. Ce matin-là, il va effectuer son parcours habituel sur l’axe autoroutier, prendre les bretelles d’accès pour s’assurer que rien ne traîne ou pose problème (une voiture en panne, un accident, un panneau ou un arbre qui menace de tomber, un piéton égaré, etc.). Bref, avoir l’œil sur tout ce qui peut potentiellement créer un accident ou un suraccident.
Une tournée qui durera trois heures. En cas d’accident, de difficulté de quelque nature que ce soit, il avisera le PC, par radio (1). Puis interviendra lui-même (un patrouilleur compte un seul agent routier à son bord) à moins qu’une équipe ne soit diligentée.
Aires de repos et de services auront également droit à une visite. Les premières pour s’assurer notamment que les sanitaires sont propres, les secondes, prises en main par des pétroliers, pour faire un point. Un métier polymorphe qu’Alain apprécie. « Nous sommes les hommes à tout faire de l’autoroute », lance celui qui, le 19 juillet dernier a vu son véhicule se faire littéralement pulvériser par un poids lourd.
« C’était mon premier accident en dix-neuf ans ! J’étais à plus de cent mètres avec le blessé de l’accident. On attendait les pompiers. On a levé la tête et le véhicule ressemblait à une boîte de sardines. » Le chauffeur du poids lourd l’avait pourtant vu, il devait se décaler sur la gauche, mais le camion le percutera cependant, peut-être à cause d’un problème mécanique.
Ce jour-là, un second accident, toujours sur l’A 10 rappellera à tous la vulnérabilité des agents qui interviennent sur les autoroutes. Les procédures sont respectées à la lettre (alerte, mise en place d’une zone tampon, etc.). En face, la vitesse, le non-respect des distances de sécurité, le défaut d’attention de certains conducteurs… Autant de comportements qui peuvent entraîner un drame. « Éviter le suraccident est la première mission des agents routiers qui sont les yeux de l’autoroute », explique Cécile Pinard, en charge de la communication chez Cofiroute.
Nous sommes dans le sens 1, c’est-à-dire Paris-province, à hauteur de Tours-Nord. Alain, pour qui « les PK (2) n’ont pas de secret », vient de voir un grand panneau de signalisation tout à côté du terre-plein central, visiblement tombé d’un camion. Il alerte le PC, gare son véhicule et traverse les voies. Toujours aux aguets.
(1) En fonction de la nature du problème, une annonce peut être faite en moins de 4 minutes sur le 107.7 pour alerter les automobilistes. (2) Les points kilométriques permettent de situer précisément chaque endroit.
repères
Sur la route
> En huit heures de travail, un agent routier du centre d’exploitation de Chambray- lès-Tours effectue un passage toutes les quatre heures (une norme fixée par l’État), soit quelque 300 km/jour.
> Sur le secteur (A 10-A 85), Vinci compte six centres d’exploitation : à Chambray- lès-Tours, Monnaie, Châtellerault, Saint-Romain- sur-Cher, Blois et Vierzon.
> En 2015, les services de Vinci autoroutes ont enregistré 53 « heurts de véhicule en mouvement ». Depuis le début de l’année, vingt-deux cas ont déjà été recensés.
> Chaque agent routier qui effectue des patrouilles est équipé d’un téléphone dit poste de travail isolé qui donne l’alerte dès que l’agent routier se retrouve en position allongée. Il est également doté d’un appareil photo afin de fixer une scène d’accident pour notamment permettre le remboursement via les assurances.
> Dans le camion : des fiches accident à remplir, une quarantaine de cônes de signalisation, un sac de produit absorbant, un balai, une pioche, des éclairages…

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Seb
La diminution des effectifs, les conditions de travail et l’augmentation générale de misère, on en parle pas ?