Vinci accélère à l’international

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Touché en France par la chute des investissements, le géant du BTP Vinci a pu compter en 2015 sur ses concessions et sur l’international pour maintenir globalement son activité et augmenter sa marge opérationnelle. Représentant 42% du chiffre d’affaires en 2015, la part de l’export pourrait bientôt dépasser la moitié.

«A terme, nous avons la volonté de réaliser plus de 50% de notre activité à l’international», a insisté Xavier Huillard, P-DG de Vinci, lors de la présentation des résultats 2015 du groupe, le 5 février. En passant de 38% de part export en 2014 à 42% un an plus tard, le géant du BTP semble bien suivre cette trajectoire. Cette progression touche tous les métiers du groupe, concessions (+16,7% de croissance à l’export) – en particulier les contrats de concessions aéroportuaires, véritables leviers de croissance pour Xavier Huillard – et filiales de travaux (+9,3%), en particulier Vinci Energies, qui a vu son activité internationale croître de 23,5% en un an. Cette dynamique a ainsi permis à Vinci de terminer l’année quasiment au même niveau d’activité qu’en 2014 à 38,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires (-0,5% sur un an) et de faire progresser sa marge opérationnelle.

 

La gestion « remarquable » d’Eurovia

 

C’est que Vinci a particulièrement souffert, comme la grande majorité des entreprises de construction, de la conjoncture hexagonale, marquée par la baisse des investissements publics. Les filiales contracting (Vinci Energies, Eurovia et Vinci Construction) y ont toutes trois connu une baisse de leur activité, notamment Vinci Construction, qui enregistre une chute d’activité de 13,5% en France. Cependant « les marges ont été préservées, même en France », a tenu à préciser Xavier Huillard. Le P-DG a souligné qu’Eurovia, qui dépend davantage de la commande publique que les autres filiales contracting, à elle aussi pu maintenir ses marges en France grâce à « une gestion remarquable qui a su jouer sur des réorganisations internes, des regroupements de business units, des mesures d’activité partielle, sur une meilleure sélectivité des affaires et une productivité accrue ».

 

Un carnet de commande à majorité internationale

 

En 2016, Xavier Huillard estime que le contracting devrait enregistrer une nouvelle baisse dans l’Hexagone. « Le plus dur est sans doute derrière nous en France, mais l’étalement dans le temps de nos carnets de commande – bien qu’en hausse – devrait malgré tout entraîner une contraction de notre activité dans la route et la construction ». C’est pourquoi le P-DG souhaite plus que jamais mettre le curseur sur l’international, qui représente déjà 52% du carnet de commande. Il compte pour cela sur Vinci Energies, dont « les nombreuses opportunités de croissances externes » pourrait en faire à terme « la première activité du contracting ». Mais Xavier Huillard mise aussi sur « les grands projets complexes, les travaux et services dans le nucléaire, les métiers de spécialités dans le sol et le génie civil ».

Au final, le groupe estime que son chiffre d’affaire global devrait connaître une légère diminution en 2016 à structure comparable, mais que les résultats opérationnel et net devraient progresser, « l’amélioration des marges restant prioritaire face à la recherche de volumes ».

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